Un déluge documentaire n’est pas de la transparence. La Direction a enfin communiqué son projet de plan social BNP PAM à l’ensemble des représentants du personnel élus par les salariés. Cette communication prend la forme d’un véritable déluge documentaire, totalisant plus de 1 500 pages, prétendument destinées à justifier la suppression massive d’emplois …
Ce n’est pas de la transparence, c’est de la saturation !
Après plus de deux semaines après les fuites bien placées dans la presse, les représentants du personnel élus par les salariés ont ENFIN reçu les détails du plan social de la Direction de BNP Pam :
- Livre I – Plan de mobilité et de départs volontaires : 42 pages
- Livre II – Document d’information : 47 pages, annexes 22 pages, organigrammes 467 pages, soit 536 pages
- Livre IV : 962 pages
Cette inflation de documents vise clairement à noyer les élus, à empêcher un examen sérieux et contradictoire des dossiers.
Les salariés ne sont pas dupes !
Malgré cette profusion de pages, avec des phrases et paragraphes entiers répétés as nauseum, les informations fournies par la Direction restent incomplètes, imprécises et insuffisantes, ce qui entache gravement la crédibilité des justifications avancées pour supprimer les nombreux emplois.
Livre IV : une base insuffisante pour l’analyse de l’impact sur les salariés
La CGT considère que les informations communiquées dans le cadre du Livre IV sont largement insuffisantes pour permettre au CSE de rendre un avis éclairé sur :
- l’adéquation entre les objectifs du modèle opérationnel cible,
- et les moyens humains réellement alloués aux salariés pour accomplir leurs missions.
Voici les 7 carences majeures identifiées par la CGT :
1. Absence d’analyse du travail réel et de la charge de travail
La méthode de la Direction est théorique, déconnectée de la réalité du terrain.
Elle se limite au travail prescrit et ignore totalement le travail réel, les contraintes, les imprévus et la complexité des métiers.
Les suppressions de postes annoncées reposent donc sur des justifications non crédibles.
La Direction évoque un « Guide des métiers » et des « fiches de poste » sans jamais les communiquer.
La CGT réclame la transmission :
- du Guide des métiers,
- de l’ensemble des fiches de poste de la nouvelle organisation,
- des fiches de poste actuelles,
- des objectifs 2025 des salariés,
- des entretiens annuels d’évaluation, incluant les éléments relatifs à la charge de travail et à l’équilibre vie professionnelle / vie privée.
2. Absence d’organigrammes complets intégrant les équipes hors de France
La Direction mentionne des équipes basées en France avec des responsables à l’étranger, et inversement, sans fournir une vision globale.
Or l’organisation est mondiale, et l’éloignement hiérarchique a des impacts directs sur :
- la charge de travail,
- sa répartition,
- la prévention des risques psychosociaux.
La CGT réclame les organigrammes Monde, incluant postes et effectifs, afin d’évaluer correctement la charge de travail des équipes en France.
3. Opacité totale sur la “rationalisation de la gamme des fonds”
La Direction évoque une baisse d’activité liée à la réduction du nombre de fonds, sans aucune donnée concrète.
La CGT réclame :
- une présentation détaillée de la gamme actuelle de fonds,
- les moyens humains affectés à chaque fonds,
- les projets de fusion,
- et l’impact réel sur la charge de travail.
4. Absence d’informations sur les clients et la segmentation commerciale
La Direction justifie des suppressions de postes commerciaux par des « duplications » sans fournir d’éléments factuels.
La CGT réclame :
- la liste des clients et secteurs couverts,
- la charge de travail associée,
- les ressources humaines mobilisées,
- les redéploiements envisagés et leur impact réel.
5. Flou total sur la convergence IT
La convergence des outils est présentée comme un levier majeur de synergies et de suppressions d’emplois, sans aucun objectif chiffré ni plan d’investissement.
Réclamation CGT : Une présentation détaillée des projets de mutualisation et de convergence des outils et infrastructures informatiques.
6. Négation des réalités humaines et sociales
La Direction ignore :
- les absences (maladie, congés),
- le travail en binôme ou en back-up,
- la fragilité des équipes de moins de 4 personnes.
Cette organisation génère des risques opérationnels et psychosociaux majeurs.
La CGT demande à ce qu’aucune unité de travail ne soit inférieure à 4 salariés.
7. Une vision fantaisiste de la charge administrative
La Direction estime que les salariés ne consacrent que 5 % de leur temps aux tâches administratives, soit environ 24 minutes par jour.
Cette estimation est totalement irréaliste et nie :
- la charge administrative croissante,
- les formations obligatoires en ligne imposées chaque année,
- la pression exercée sur les bonus.
Concernant les assistantes, la Direction prévoit une nouvelle vague de suppressions, alors même que :
- leur charge de travail bénéficie à l’ensemble des équipes,
- un expert indépendant mandaté par le CSE AXA IM a déjà constaté une surcharge de travail.
Réclamations CGT :
- Un inventaire exhaustif des tâches assurées par les assistantes,
- l’impact prévisionnel sur la charge de travail restante,
- et le report sur les équipes.
La CGT demande la désignation d’un expert indépendant, mandaté par les élus des salariés
La CGT déplore :
- l’insuffisance des informations fournies,
- l’absence d’analyse du travail réel,
- les risques humains, sociaux et psychosociaux majeurs,
Nous demandons, dans l’intérêt des salariés, une analyse de la charge de travail selon ces dimensions notamment, pour permettre aux élus de rendre un avis réellement éclairé.
